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Raging Cat

Agacement grandissant face à mon assignation de genre

Même si rien n’a physiquement changé chez moi (pas d’hormones, encore moins d’opérations), même si, faute de psy, mon “parcours” tarde à débuter. Et cet agacement est tout neuf pour moi. Jeune, il ne me serai pas venu à l’idée de m’insurger contre cette erreur de perception sur mon identité  – physiquement, obviously, je suis – et j’étais – une fille.

J’ai même passé des années à parler de moi au féminin, et même, souvent, à corriger les gens dans ce sens (sur le net, je précise, personne ne se “trompe” – ou si peu – IRL), par peur d’être “découvert” si je ne corrigeais pas mon interlocuteur.

Pourtant, maintenant, le moindre “mademoiselle”, le moindre pronom féminin, m’agressent. Je ne supporte plus mon prénom de naissance. A chaque fois que je le vois écrit sur un courrier, des papiers, qu’on m’appelle comme ça, je bouillonne.

 

Unfair selon mes propres critères. Comment exiger des autres qu’ils me traitent comme un homme alors que j’en suis encore si peu un ? Qu’il s’adressent à moi au masculin ? Et pourtant…

Je ne pensais pas qu’avoir admis ma transidentité me ferait si violement, et si vite, rejeter cette partie de moi avec laquelle j’ai si longtemps cohabité.

 

Paradoxalement, je suis plus à l’aise qu’auparavant à l’idée d’avoir un vagin. Le plus important semble bien n’être pas pour moi l’imitation physique la plus parfaite possible d’un corps d’homme bio (même si les signes les plus évidents de ma “féminité” m’insupportent aussi profondément – je n’ai pas la chance d’avoir un corps androgyne et je n’aime pas mon corps tel qu’il est). Ce qui me pose vraiment problème c’est mon image sociale. Si tout le monde m’identifiait sans hésitation comme homme, je ne sais même pas si j’éprouverai un si fort besoin de transition. Je dis bien besoin. Le désir, par contre… je ne pense pas qu’il puisse faiblir. Cette transition si, en plus de la désirer, j’en ai besoin, c’est pour être reconnu pour ce que je suis, pas pour l’être – ou le devenir.

Je suis déjà un homme. Je pensais qu’il me faudrait une transition pour ça. Je le suis devenu simplement en l’acceptant, pour ainsi dire.

 

Ma perception de moi-même était en décalage avec la réalité “physique” ; peu à peu c’est ma réalité qui entre en décalage avec une expression physique défaillante parce que trop visiblement féminine.

En d’autres termes, plus le temps passe plus je me sens normal et légitime et plus je perçois le hiatus entre mon genre et le genre dans lequel les gens persistent à m’assigner comme une agression.

 

À charge pour moi de transformer cette colère en l’entêtement nécessaire à devenir ce que je suis – ce qui n’est pas une mince affaire.

 

Ce texte de Kevin Kelly, rédacteur en chef de Wired magazine, a été publié originellement sur le site Quiet Babylon.  Il est tiré de son livre à paraitre What Technology Wants.

La profonde union qui nous lie à nos inventions n’est pas nouvelle. Si un cyborg est un être en partie biologique et en partie technologique, alors nous, humains, sommes devenus des cyborgs, et nous le sommes toujours. Nos ancêtres ont taillé leurs premiers grattoirs de pierre il y a 2,5 million d’années pour se donner des griffes. Il y a environ 250 000 ans ils ont conçu des techniques rudimentaires de cuisson, ou prédigestion, à l’aide du feu.  La cuisson fonctionne comme un estomac externe supplémentaire. Une fois que les humains eurent acquis cet organe artificiel, ils ont développé de plus petites dents et de plus petits muscles maxillaires et ont eu accès à un choix plus grand de nourriture. Notre invention nous a modifiés.

Nous ne sommes plus les mêmes gens que ceux qui sont sortis d’Afrique. Nos gènes ont co-évolué avec nos inventions. Rien que ces derniers 10 000 ans, en fait, nos gènes ont évolué 100 fois plus vite que le taux moyen des 6 millions d’années précédentes. Ce ne devrait pas être une surprise. Comme nous avons domestiqué le chien (dans toutes ses variantes) depuis les loups et croisé les vaches et le blé et plus encore à partir de leurs ancêtres désormais inidentifiables, nous aussi avons été domestiqués. Nous nous sommes domestiqués nous-mêmes. Nos dents continuent de rétrécir (à cause de la cuisson, notre estomac externe), nos muscles s’amincissent, nos poils disparaissent. Nous nous transformons à mesure que nous transformons nos outils. Nous co-évoluons avec notre technologie, et nous en sommes devenus profondément dépendants. Si tout la technologie – jusqu’au moindre couteau et à la moindre flèche – disparaissait de cette planète, notre espèce ne survivrait pas plus de quelques mois. Nous sommes en symbiose avec la technologie.

Nous nous sommes rapidement et significativement modifiés à mesure que nous modifiions le monde. À partir du moment où nous sommes sortis d’Afrique pour coloniser tous les points d’eau habitables de la planète, nos inventions ont commencé à altérer notre environnement. Les armes et les techniques de chasse des Sapiens ont eu des effets de grande portée: leur technologie leur a permis de tuer de grands herbivores (mammouths, cerf géant, etc.) dont l’extinction à transformé pour toujours le biotope de prairies entières. Une fois ces ruminants dominants éliminés, leur absence a chamboulé l’écosystème, permettant la montée en puissance de nouveaux prédateurs, de nouvelles plantes, de tous leurs concurrents et alliés, apparaissant dans un écosystème transformé. Ainsi quelques clans d’hominidés ont modifié la destine de milliers d’autres espèces. Quand les Sapiens ont appris à contrôler le feu, cette puissante technologie a modifié encore plus profondément et à une échelle gigantesque l’environnement naturel. Un si petit truc – brûler la prairie, contrôler l’incendie par des contre-feux, et maîtriser les flammes pour cuire des céréales – a bouleversé de vastes régions du monde. Et bien suûr, une fois les savanes et les prairies changées, elles nous ont changé à leur tour.

Chaque espèce des six règnes, autrement dit tous les organismes vivant sur Terre de nos jours, de l’algue au zèbre, ont aussi évolué. Indépendamment de leurs différences dans la sophistication et le développement de leurs formes, toutes les espèces vivantes ont évolué depuis leurs ancêtres. Durant la même période de temps : quatre milliards d’années. Tous ont été testés quotidiennement et ont fait en sorte de s’adapter au fil ininterrompu de millions de générations.

Beaucoup de ces organismes ont appris à construire des structures, et ces structures leur ont permis de s’étendre en dehors d’eux-mêmes. Les rigides termitières de deux mètre d’une colonie de termites se comporte comme un organe externe des insectes: la température y est régulée et il se répare après avoir été endommagé. La boue séchée elle-même semble vivante. Ce que nous considérons comme un corail – la structure arborescente et pierreuse – est en fait l’appartement du corail, un animal à peine visible. La structure et l’animal ne font qu’un. Il grandis, il respire. L’intérieur de cire d’une ruche ou l’architecture de brindilles d’un nid d’oiseau fonctionnent de la même façon. En conséquence, un nid ou une ruche peuvent être considéré comme un corps qui aurait été construit plutôt qu’ayant grandis. Un abri, c’est de la technologie animale, une extension de l’animal.

L’extension de l’humain est le technium. Marshall McLuhan, parmi d’autres, a remarqué que les vêtements étaient une extension de la peau des gens, les roues une extension de leurs pieds, les appareils photo et les télescopes une extension de leurs yeux. Nos créations technologiques sont des extrapolations des corps bâtis par nos gènes. Dans ce sens, nous pouvons considérer la technologie comme une extension de notre corps. Il était facile de voir le monde ainsi durant l’ère industrielle. Les excavateurs à vapeur, les locomotives, la télévision, tous les leviers et les engrenages des ingénieurs, étaient de fabuleux exosquelettes qui ont transformé l’homme en superman.

Un regard plus attentif révèle la faiblesse de cette analogie: l’extension animale est la conséquence de leurs gènes. Ils héritent des plans de base de ce qu’ils construisent. Pas les humains. Les plans de nos abris jaillissent de nos esprits, qui peuvent créer spontanément quelque chose qu’aucun de nos ancêtres n’avait fait, ni même imaginé. Si la technologie est l’extension des humains, ce n’est pas l’extension de nos gènes, mais de nos esprits. La technologie est donc le prolongement matériel de nos idées.

Nous avons domestiqué notre humanité autant que nous avons domestiqué nos chevaux. Notre nature humaine elle-même est un champ fertile que nous avons ensemencé il y a 50 000 ans et que nous continuons à cultiver aujourd’hui. Le champ de notre nature n’a jamais été immuable. Nous savons que génétiquement nos corps changent plus vite maintenant qu’ils ne l’ont jamais fait ce dernier million d’années. Nos esprits sont reconfigurés par notre culture. Sans exagération ni métaphore, nous ne sommes plus les mêmes que ceux qui ont commencé à cultiver la terre, il y a 10 000 ans.

La sûre association du cheval et de la carriole, la cuisine au feu de bois, le jardinage au compost et l’industrie minimale pouvaient être parfaitement adaptés à la nature humaine – de l’ancienne époque agraire. Mais cette dévotion pour un mode de vie traditionnel ne prend pas en considération le fait que notre nature – nos besoins, nos désirs, nos peurs, nos instincts primaires et nos plus hautes aspirations – est  remaniée par nous même et nos inventions, et elle exclue les besoins de notre nouvelle nature. Nous avons besoins de nouveaux métiers en partie parce que nous sommes profondément de nouveaux hommes.

Nous différons physiquement de nos ancêtres. Nous pensons différemment. Nos cerveaux éduqués et alphabétisés fonctionnent différemment. Nous savons que l’éducation change la façon de fonctionner de notre cerveau. Plus que nos ancêtres chasseurs-cueilleurs nous sommes façonnés par le savoir accumulé, les habitudes, les traditions et la culture de tous ceux qui ont vécu avant nous et de ceux qui vivent avec nous. Nos vies sont remplies de messages omniprésents, de science, de divertissements envahissants, de voyages, de surplus de nourriture et d’alimentation abondante, de nouvelles possibilités journalières. Pendant ce temps nos gènes luttent à poursuivre la culture. Et nous accélérons encore les choses de diverses façons, dont des interventions médicales comme la thérapie génique. En fait, chaque direction du technium – en particulier sa capacité croissante à évoluer – indique un changement encore plus rapide de la nature humaine dans le futur. Curieusement, beaucoup de traditionalistes qui nient que nous changions exigent que nous ne changions pas.

Manifestement, nous nous sommes faits tous seuls. Nous sommes la première technologie. Nous sommes à la fois l’inventeur et l’invention. Nous avons utilisé nos esprits pour nous fabriquer nous-mêmes et donc nous, humains d’aujourd’hui, sommes les premiers cyborgs. Nous nous sommes inventés. Et nous n’avons pas fini.

 

texte traduit par votre serviteur

Sitting_Bull

Moi je suis loin, dans mon païs glacé, le coeur chaud, et inquiet sur ce qui concerne ton roi. Que le grand principe t’accorde beaucoup de lunes. Quand je songe aux méchants qui troublent ton païs, je répète souvent avec humeur maracai, maracai, en saisissant mon tamaoc; mais je dis à toi, sego, sego, frère.

Loüis, chef indien du Canada

12 février 1792

maritainEn vertu d’un automatisme réflexe, non pas humain mais mécanique, le communisme suscite et  nourrit les réactions de défense de type fasciste ou raciste, et celles-ci suscitent et nourrissent à leur  tour les réactions de défense communistes, de sorte que ces deux forces multitudinaires grandissent  simultanément dressées l’une sur l’autre: l’une et l’autre faisant de la haine une vertu, l’une et l’autre  vouées à la guerre, guerre des nations ou guerre des classes, l’une et l’autre réclamant pour la  communauté temporelle l’amour messianique avec lequel le royaume de Dieu doit être aimé, l’une et  l’autre pliant l’homme à quelque humanisme inhumain, à l’humanisme athée de la dictature du  prolétariat, ou à l’humanisme idolâtrique de César, ou à l’humanisme zoologique du sang et de la race.

J. Maritain, Humanisme intégral, Paris, 1936

Un petit hommage au hooliganisme et à un des plus grands groupes de oi! de tous les temps (et je pèse mes mots). L’hymne de West Ham par les ci-devant Cockney Rejects! Enjoy!

kmarxLa bourgeoisie là où elle est arrivée au pouvoir a détruit tous les rapports féodaux, patriarcaux, idylliques. Elle a déchiré sans pitié la multiplicité colorée des liens féodaux qui attachaient l’homme à ses supérieurs naturels et elle n’a laissé subsister d’autre lien entre l’homme et l’homme que l’intérêt nu, que le froid “argent comptant”. Elle a noyé dans les eaux glacées du calcul égoïste les frissons sacrés de la piété exaltée, de l’enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité petite-bourgeoise. Elle a réduit la dignité personnelle à la valeur d’échange et, à la place des innombrables libertés reconnues par écrit et chèrement conquises, elle a mis la liberté unique et indifférente du commerce

Karl Marx in Manifeste du Parti Communiste

Trollcat

Et un trollcat, un!

racial_stereotypes_may_have_merit_trollcat

I want to live with you in the fifth dimension
In a dream I’ve never had
Cause I just can’t live like this in a world like this
I just want a kiss goodbye

And we are not of this world
And there’s a place for us
Stuck inside this fleeting moment
Tucked away where no one own it
Wrapped up in a haste and by mistake got thrown away

And oh, I am so homesick
But it ain’t that bad
Cause I’m homesick for the home I’ve never had

And though I sometimes get annoyed I know just where I’m at
This is my song of joy
And now I know there are no secret trick, no correct politics
Just liars and lunatics

And we are not of this world
And there’s a place for us
Stuck inside this fleeting moment
Tucked away where no one own it
Wrapped up in a haste and by mistake got thrown away

And oh, I am so homesick
But it ain’t that bad
Cause I’m homesick for the home I’ve never had

And though I would not take it personally, it’s just the child in me
I never really knew how much I had

Woe is me, I am so homesick
But it ain’t that bad
Cause I’m homesick for the home I’ve never had

Désolé de la relative indigence des articles (quoique quelques bons morceau de rock ne font pas de mal), mais je n’ai pas le temps d’être plus pertinent (je nage dans les examens)

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